Vous le savez sans doute, Google truste plus de 90% de la recherche Internet européenne. Il est clair que le géant peut sans grande difficulté poser les règles de fonctionnement de son moteur de recherche et du référencement naturel des entreprises sur le web. De fait, la commission européenne doit s’assurer que cette position dominante de la recherche sur Google n’étrangle pas l’ensemble des marchés. Pas de lobbying consommateur, indifférence des professionnels de tous les secteurs d’activité, Google se promet un bel avenir

Feuilleton sur les résultats de recherche sur Google

La commission enquête sur les pratiques concernant les résultats de recherche sur Google.
Le point phare des discussions repose sur la place laissée aux services de Google pour la publicité distribuée.
Les plaignants, avec à leur tête Microsoft, combattent pas à pas, tout règlement qui donnerait un quitus aux seuls résultats sponsorisés de Google.
Après 4 années de procédure, le régulateur n’est toujours pas parvenu à un accord.
Le point de litige majeur reste la place que pourront avoir les concurrents du réseau sur les résultats affichés.

ENTENDEZ BIEN!
Il n’est pas question de la place laissée aux marques, aux entreprises, il s’agit des résultats que se partageraient les géants du web quand aux résultats de recherche sur le web!

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Au fait, la Commission européenne c’est quoi ?

C’est en quelque sorte le gouvernement « européen ».
Elle propose (initiative législative) et met en place les politiques communautaires européennes.
Elle dépend pour son financement des états membres, mais jouit d’une indépendance souvent décriée.
Elle est normalement garante de « l’intérêt général ».
Elle subit les lobbyistes de tout crins.
C’est dans cet exercice que trop souvent les consommateurs européens sont sous représentés.

L’oublié, le consommateur européen

Comme d’habitude, on ne sait que trop bien pourquoi, le consommateur reste sur le banc, et n’aura droit qu’à prendre au mieux les résultats de ses arbitrages.
Bien que le représentant de la Commission sur le sujet, Almunia clame sa volonté de « protéger la concurrence au service des consommateurs », sa seule préoccupation est d’analyser son offre du point de vue des géants du net.
Il faut dire que personne d’autre n’est présent.

La seule solution, poser les conditions du point de vue du consommateur européen.

Dans les faits ceci reviendrait à imposer 70% (par exemple) de l’espace libre de toute publicité, et de contrôler par tout moyen de la fiabilité du classement des résultats de recherche sur Google.
Comme vous le verrez avec ses captures d’écran, nous en sommes loin.
La commission européenne nous propose tout simplement de passer par les fourches caudines de l’industrie du net.

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Comme vous le voyez, la place laissée aux résultats naturels se réduit comme une peau de chagrin.
Pour le tourisme, où la concurrence des OTA (agences de voyages) est déjà très forte, seule la publicité pourra permettre une visibilité aux équipements touristiques.

Une vue sociétale particulière : le boulanger Google

Avec 90% des consultations, Google décide qui est le meilleur boulanger!

Personne ne laisserait envahir nos bords de route, de panneaux publicitaires sans discontinuer.
Encore moins, si ils étaient détenus par un seul réseau publicitaire.
Qu’on le désire ou non, le web devient l’intermédiaire majeur des échanges.
Dans le tourisme, le web représenterait 62% des échanges! (Etude Raffour 2013)
Et l’organisation qui nous est proposée revient à confier au seul Google l’organisation de la visibilité des entreprises.
Chaque commerce nécessitant Internet se devra d’obtenir un « label », celui du classement sur le moteur de recherche.
Qu’il se nomme Google, Bing, Yahoo, ou Tartalacrem, peu importe, il sera l’intermédiaire obligé.
Vous aurez droit au boulanger Google, à l’hôtel Google, au vin Google….

Il semble que l’on en voudra moins à Google qu’à ses propres gouvernants

C’est assez basique, mais l’ensemble des participants à l’échange sur Google devront peu ou prou, à moyen terme, passer par le paiement d’une dîme.
L’achat de campagnes pour apparaître en bonne position dans les résultats de recherche sur Google.
Une sorte d’abonnement perpétuel tant que cet écosystème vivra.
Il ne semble pas que cela gêne grand monde…
Il faut dire que la dîme sera payée par les entreprises.
Un nouvel impôt du même montant serait à coup sûr plus impopulaire.
Pourtant… celle-ci ne financera à coup sûr, que des conglomérats.

La prochaine étape : 5 années de test

Sur la base de l’accord obtenu après l’examen des demandes des plaignants, la commission européenne observera la mise en application des directives par Google.
Ce dernier avec sa dernière fonction de recherche naturelle (hummingbird – colibri), rend les contenus de l’accord fluctuant, étant entendu que le moteur de recherche peut corriger en sa faveur l’accord à sa marge.
Les consommateurs sont ils concernés par ce test?
En fait non, l’accord concernera les acteurs majeurs du web.

Qu’en pensez vous ?

Vous croyez à la bonne volonté de ses mieux disant du web.
Pour ma part entre boulanger Google et boulanger pâtissier… j’ai fait mon choix.

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