Le courant brutaliste du web design fait un retour remarqué depuis 2017. Inspiré du mouvement architectural des années 50, celui-ci prône un retour aux matériaux bruts, à l’hyper simplicité de l’objet, à la suppression des éléments superflus. Pour le web, c’est retour aux premiers sites des années 90 sans effet de style. Que du bonheur pour des concepteurs web soucieux d’alléger l’impact environnemental de leurs sites internet !

Le brutalisme web design, c’est…

Du béton brut, de la ferraille apparente, la matière rendue à son état naturel, voici les fondements artistiques du mouvement en architecture. Apparue après la 2e Guerre mondiale, on peut comprendre son origine, en pleine reconstruction de l’Europe. D’abord une nécessité, le brutalisme s’est imposé comme style à part entière.

Ok, mais dans le web, ça donne quoi, le courant brutaliste ?

Exit les animations fluides, les images, les dégradés de couleurs. Le design brutaliste appliqué au web, ça donne un retour à l’origine du web. Du texte noir sur fond blanc. Centré sur le fond, sa seule raison d’être. De préférence en police native et simplissime du genre Monospace ou courier.

Le brutalisme web design, c’est également beaucoup, beaucoup BEAUCOUP moins d’images. Pas de picto pas de vidéo. Du texte, des liens, et c’est tout. Se concentrer sur l’essentiel.

Pas convaincu ?

Le 10e site mondial par sa fréquentation est un parfait exemple de brutalisme design. Son nom ? Wikipedia ! L’encyclopédie la plus consultée est basée sur ce principe et pourtant, il est une référence incontournable du web.

Bloomberg, The Wall Street Journal, Le Monde Diplomatique, pour ne citer que ceux-ci, ont également modifié leur front-end (désolée de l’anglicisme !) pour le passer en design brutaliste. Avec succès : c’est terriblement efficace !

Le design brutaliste, ce n’est pas…

De l’antidesign.
Ses détracteurs et autres rebelles ont poussé le brutalisme design à ses limites, au risque de frôler (volontairement) l’absurde. Vieux effets néons flashy, navigation totalement chaotique, les adeptes de l’anti-design utilisent tout en vrac dans une cacophonie de couleurs et d’animation pour marquer leur différence. ils rejettent ainsi les normes et les diktats des tendances du webdesign.

Des sites pour intégrateurs ou graphistes ratés.
Ne pensez pas qu’il est aisé de concevoir un site répondant aux canons esthétiques du brutalisme. Toute la difficulté réside dans l’équilibre des textes, leur disposition et surtout, la compréhension de l’UX. Parce qu’il est faux, selon moi, de dire qu’il n’y a pas de navigation dans un site brutaliste design. Il y a toujours une navigation. Ou à tout le moins une utilisation du site par le visiteur. Celle ci doit être minutieusement réfléchie puisque le site ne répond en rien aux codes habituels. Il faudra donc être extrêmement vigilant à bien nommer les choses, bien les disposer dans la page pour hiérarchiser le contenu sans aide visuelle.

Le vintage c’est tout bénef !

Après les friperies, les recycleries et autres centres de revalorisation des objets désuets, le look vintage des sites internet peut avoir un effet bénéfique pour le portefeuille et pour l’environnement.

Une économie de moyen

Fini les banques de photos impersonnelles, les séances shooting hors de prix. Grâce au brutalisme design, vous n’aurez plus besoin d’artifices visuels. Vous réaliserez d’importantes économies.

Straight to the point

Revenir aux basiques, c’est recentrer l’utilisateur vers le but premier du site. Ne plus voir le site comme un lieu de divertissement mais bien comme une source d’informations et de conversion. Ça ne vous est jamais arrivé ? On reste planté devant le site, certes, très joli, en se demandant à quel moment on va pouvoir accéder à l’information que l’on voulait.
Avec un site conçu selon les principes du design brutaliste, on élimine les interférences et sources de distraction possible.
Droit au but !

Une façon de se démarquer

Dans cette orgie de bruit, le silence est parfois le meilleur moyen de se entendre. Les sites en pré-fabriqués se répètent à l’infini. Mêmes couleurs, mêmes tentatives d’effets wow. On confond les marques tant les sites se ressemblent.
Surprenez vos visiteurs avec un design qui tranche. Le moins que l’on puisse dire lorsqu’on atterrit sur un site dépouillé de tout artifice, c’est que ça choque ! La surabondance d’effets a parfois pour but de masquer la vacuité du contenu. Un site minimaliste est un site qui a confiance en son produit. Pas de fioriture, pas de faux-semblant.

Une économie de ressources

Ce n’est pas encore entré dans les mœurs ni dans les consciences mais le web, comme tout autre produit consommable a un impact sur l’environnement. L’utiliser avec parcimonie fait partie des bonnes pratiques pour lutter contre le réchauffement climatique.
Un site dénué de toute image superflue pèsera beaucoup moins lourds et donc, nécessitera moins de place sur un serveur. Lequel serveur sera utilisé pour davantage de sites. Par conséquent, inutile de construire de nouveaux data-centers avides de ressources énergétiques. Fini, le gaspillage de ressources.

Avouez que vous ne pensiez pas que la vidéo d’ambiance en background que vous aimez tant pouvait être responsable (en partie, je vous l’accorde), du réchauffement climatique !

Le web design brutaliste ok, mais pas pour tous

Je vous le concède, certains secteurs d’activités supporteraient mal ce bouleversement graphique. Je vois mal un hôtel chic et traditionnel ou une entreprise de voyage opter pour ce type de design. La froideur de l’ensemble, le peu de projection possible limitent l’exploration dans cette voie.
Le type de visiteurs est également à prendre en compte. Vous souhaitez faire la promotion d’une application pour future maman? Pas sûre non plus que ça fonctionne…
Enfin, assurez-vous que votre marque est suffisamment solide pour oser la transformation. Un secteur nécessitant une forte dose de réassurance pour convertir n’osera peut-être pas sauter le pas.

À l’opposé, une cible jeune et adepte de la disruption (argh, pas ce mot !!!) adoptera plus facilement les codes et ira même jusqu’à vous féliciter d’oser casser le moule.

Régime sans gras pour sites obèses

  • Réduisez votre consommation en image
  • Limitez les tentations d’animations. Chaque fois que vous sentez que vous allez craquer, demandez-vous si elle est réellement pertinente.
  • Entraînez-vous : l’information doit se trouver dans le texte.
  • Limitez les apports en polices fantaisistes. Courier, Monospace suffiront.
  • Astuce beauté : n’oubliez pas, le noir et le blanc, ça va avec tout.

Rapides, efficaces, performants, économes, les sites brutalistes ont toutes les qualités techniques pour connaître une popularité grandissante. En revanche, les utilisateurs suivront-ils ? Accepteront-ils de voir disparaître jolies photos et vidéos d’ambiance ? Passer d’un design douillet à l’âpreté du brutalisme ? À l’ère du tout vidéo, on peut se poser la question.

Faites-nous savoir si vous avez osé. On aimerait bien connaître les impressions de vos clients…

Sources :
SmashingMagazine
Khalil Stemmler
Merehead

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