Sommes-nous devenus schizophrènes ? La décroissance et la réduction des GES sont sur toutes les lèvres, nous exigeons de nos gouvernements des actions concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique. Du même souffle, nous partageons à foison des vidéos sur Facebook et nous nous gavons de séries 4k sur Netflix. Quel est le lien, me demandez-vous? La consommation énergétique qu’entraîne cette frénésie de la vidéo sur internet. Il est urgent de repenser notre consommation, même virtuelle, car celle-ci a un impact bien réel sur l’environnement.

L’omniprésence de la vidéo

La vidéo est partout. Elle a pris toute la place. On ne compte plus les articles webmarketing vantant les avantages d’une communication digitale basée sur le support vidéo. Tous les réseaux sociaux augmentent la portée organique des publications comportant de la vidéo. Facebook vidéo, Stories Insta, LinkedIn vidéo, sans compter le mastodonte qu’est YouTube, tous ont fait la part belle à la vidéo. Nos petits smartphones ont les capacités de captation digne de caméra semi-pro, stockant des quantités de données toujours plus importantes.

Toute entreprise qui en a les moyens se dote d’un spot publicitaire, d’un film corporate, d’une vidéo promotionnelle. Normal, la vidéo est le média le plus efficace dans une campagne de communication. Les statistiques sont implacables : la vidéo est 1200% plus partagée que les textes et images réunis !

Netflix constitue à lui seul 25% du trafic français. Une série en HD diffusée sur cette plateforme représente plus de données à échanger que l’intégralité des articles anglais que contient Wikipedia.

Et cette course au tout vidéo a un coût…

L’impact environnemental de la vidéo

Le numérique est de plus en plus gourmand en ressources. En 2018, il était responsable de 3,7% des émissions de GES. La consommation énergétique du numérique est astronomique ! 10% de la consommation d’énergie est liée au numérique soit la consommation de la Russie.

L’utilisation du numérique est responsable de 55% de la facture énergétique, entre les datacenters, le réseau et le chargement des terminaux. À elle seule, la vidéo diffusée sur internet représente 1% de toute la production mondiale de GES soit l’équivalent de la production de l’Espagne !

Vers une consommation raisonnée de la vidéo

Les entreprises se dotent de plus en plus de politiques éco-responsables. Elles intègrent des notions de développement durable dans la production de leurs produits, souvent au sein des directions techniques et de ressources humaines.

Pour quelle raison le secteur de la communication ne ferait pas sa part dans la réduction de l’empreinte écologique ? Si virtuelle qu’elle puisse être, la communication digitale a un réel impact dans le réchauffement climatique.

Dans ce contexte, le système auto-play des plateformes deviennent de véritables armes de destruction massive, incitant les utilisateurs à rester cloués devant leur écran en leur proposant sans cesse de nouveaux contenus adaptés à leur goût. Des heures de consommation de données alors qu’à la base, on ne voulait regarder qu’un tuto de 5 minutes !

Inclure la communication dans les RSE

Selon les critères ISO26000, la démarche de réduction de l’impact environnemental fait partie des piliers de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Définir sa communication autrement est une façon nouvelle d’ajouter de la valeur à son identité de marque.

2020 sera l’année de l’implication climatique. C’est un impératif et un nouvel atout. Afficher fièrement un site moins gourmand en données, un site allégé en fioriture, c’est aussi une manière d’affirmer ses valeurs éco-responsables.

La tendance n’est pas encore à l’économie de moyens dans le monde du numérique, loin de là. Mais l’urgence climatique nous rattrapera tôt ou tard. Il est d’ailleurs fort à parier que des pays comme l’Australie, souffrant déjà du réchauffement global, deviendront friands de cette manière de communiquer.

Vous pensez peut-être qu’une agence web se tire dans le pied en prônant un numérique plus économe ?

Penser le numérique autrement

La leçon de cette histoire n’est pas de stopper toute communication digitale, loin de là ! Nous croyons qu’il est possible de réfléchir à une nouvelle façon de produire une communication en respectant les principes du développement durable.
Si le concept est largement intégré pour les produits de consommation courante comme le café, le chocolat, les cosmétiques, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer l’impact du numérique sur l’environnement.

Comme dirait le spécialiste de l’épuisement des ressources minérales et membre du conseil d’administration de l’Institut Momentum, Philippe Bihouix, l’avenir sera low-tech ou ne sera pas. Nous sommes, dans le numérique comme dans le reste, les consomm’acteurs d’une transition écologique indispensable.

Des solutions existent déjà. Dans un prochain article, nous détaillerons les choix technologiques faibles en émission de GES que vous pouvez mettre en place dès maintenant.

La tendance viendra, vous pouvez en être sûrs. Devenez, dès aujourd’hui, les précurseurs d’une consommation numérique responsable. Affichez fièrement votre volonté de réduire votre empreinte écologique, même virtuelle !

Sources :
Alternatives Économiques, janvier 2020
Responsabilités Sociétales des Entreprises, Wikipedia
The Shift Project
Socialter
Bitable

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